La baisse du gazole promise par le gouvernement a commencé le 1er novembre 2026. Pour les artisans, les TPE et les gestionnaires de flottes d’utilitaires diesel, c’est une respiration après des mois de prix au-dessus de 2,30 € le litre. Mais la baisse reste temporaire, dépend des distributeurs et ne s’applique pas de la même façon au gazole routier et au gazole non routier. Ce qu’il faut savoir pour en profiter et le vérifier sur ses factures.
Baisse du gazole : ce que prévoit le décret du 23 octobre
Le mécanisme repose sur les stocks stratégiques pétroliers. Le décret n° 2026-981 du 23 octobre 2026, publié au Journal officiel du 24 octobre, autorise la cession d’environ 10 millions de barils (1,6 million de mètres cubes au maximum) de gazole, de fioul domestique et de pétrole lampant. Ces produits sont vendus aux opérateurs au coût moyen auquel ils ont été achetés, et non au prix du marché.
Le calendrier est serré :
- répercussion à la pompe à partir du 1er novembre 2026 ;
- cessions des stocks jusqu’au 31 janvier 2027 ;
- répercussion complète au plus tard le 31 mars 2027.
Le ministère de l’Économie estime la baisse entre 12 et 18 centimes par litre, sur environ trois mois. Le détail du texte est analysé par Legifiscal.

Un point de départ autour de 2,37 € le litre
La baisse du gazole part de haut. Le gazole s’affichait à 2,36 € le litre en moyenne le 30 octobre selon L’argus, et à 2,379 € le samedi 31 octobre d’après un relevé de l’AFP portant sur 8 842 stations. Une baisse de 12 à 18 centimes ramènerait donc le prix moyen entre 2,19 et 2,25 € environ, à marché constant. Ce niveau reste élevé : le prix du gazole est aujourd’hui tiré par les tensions sur le raffinage et la situation au Moyen-Orient, selon les analyses relayées par Lenergeek et Selectra.
Ce que font TotalEnergies, Leclerc et les autres distributeurs
Plusieurs réseaux ont annoncé leur geste avant même l’entrée en vigueur du décret, parfois au-delà de la baisse du gazole attendue des stocks stratégiques.
- TotalEnergies plafonne le gazole à 2,15 € le litre dans ses 705 stations Access depuis le 31 octobre. Ces stations réalisent environ 60 % de ses ventes de carburant. Le plafond de 2,25 € reste appliqué sur l’ensemble de son réseau en France, et les autres stations hors autoroutes doivent suivre à partir du 2 novembre selon l’évolution des marchés.
- E.Leclerc annonce 21 centimes de baisse par litre de gazole dans ses 742 stations à partir du 1er novembre.
- Système U évoque une baisse pouvant aller jusqu’à 21 centimes, avec un montant et un calendrier variables selon les magasins.
Sources : L’argus, Lenergeek, Enerzine et Econostrum.
Flottes d’utilitaires : vérifier la baisse du gazole sur les factures
Pour les entreprises, le décret contient une disposition pratique : la baisse doit être affichée au client avant la vente et, dans les relations entre professionnels, son montant hors taxes doit figurer sur la facture. Un gestionnaire de parc a donc de quoi contrôler les relevés mensuels de ses cartes carburant.
Trois réflexes pour la période de novembre à janvier :
- comparer le prix au litre facturé en novembre avec celui d’octobre, station par station ;
- orienter les pleins vers les réseaux qui ont annoncé un plafond ou une remise, quand les tournées le permettent ;
- suivre la consommation réelle des véhicules, par exemple avec la télématique de flotte, pour mesurer l’économie obtenue.
Pour donner un ordre de grandeur de la baisse du gazole, prenons un exemple de calcul : un fourgon qui consomme 500 litres de gazole sur un trimestre économiserait entre 60 et 90 € si la baisse de 12 à 18 centimes est entièrement répercutée. Sur une flotte de vingt véhicules comparables, cela représente entre 1 200 et 1 800 € sur la période, une économie réelle mais limitée dans le temps. Le carburant n’est qu’un poste parmi d’autres, comme le rappelle notre méthode de calcul du TCO d’un utilitaire sur 5 ans.
GNR, BTP et transporteurs : des situations différentes
Le gazole non routier, utilisé par les engins de chantier, bénéficie de remises spécifiques. TotalEnergies accorde 20 centimes par litre sur le GNR et le gazole pêche, ainsi que 200 € par mètre cube sur le fioul domestique, jusqu’au 31 janvier 2027. Pour les entreprises du BTP, l’aide publique de 20 centimes par litre sur le GNR a été annoncée jusqu’au 31 décembre 2026 : les textes et modalités de demande pour novembre et décembre restent à surveiller.
Les transporteurs routiers de marchandises, eux, ne figurent pas dans la prolongation des aides carburant décidée en septembre, qui vise les pêcheurs, les agriculteurs et le BTP. La FNTR réclame une baisse temporaire des taxes sur le carburant professionnel, selon le Journal du Poids Lourd.
Prime carburant : jusqu’à 1 000 € exonérés de cotisations
Côté salariés, deux décrets du 20 octobre 2026 relèvent à 1 000 € par an et par salarié le plafond d’exonération sociale de la prime carburant versée par l’employeur, pour les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026. Le plafond de droit commun est de 600 €. Attention, l’exonération d’impôt sur le revenu au même niveau dépend du projet de loi de finances 2027, pas encore adopté. Source : Code du travail numérique et Legifiscal.
Diesel ou électrique : la baisse change-t-elle le calcul ?
Une baisse du gazole temporaire ne modifie pas en profondeur la comparaison entre un utilitaire diesel et un électrique, qui se joue sur plusieurs années. Pour une entreprise qui prévoit un renouvellement, les éléments durables restent le kilométrage annuel, la possibilité de recharger au dépôt et les aides : notre analyse du TCO d’un utilitaire électrique et notre article sur l’aide utilitaire électrique 2027 détaillent ces paramètres. Les concessionnaires et loueurs sont recensés dans l’annuaire des professionnels.
Prochaine échéance pour les flottes : le 31 janvier 2027, date de fin des cessions de stocks stratégiques et des remises GNR annoncées par TotalEnergies.
