Coup d’arrêt politique, statu quo sur le terrain. La suppression des ZFE votée par le Parlement a été censurée par le Conseil constitutionnel. Résultat pour les pros : les zones à faibles émissions restent en place, et les vignettes Crit’Air gardent leur pouvoir de restriction.

Ce que la décision change vraiment
Le texte devait mettre fin aux ZFE dans toutes les métropoles dès 2026. Le Conseil constitutionnel l’a retoqué. Les règles locales de circulation, à Paris, Lyon ou Marseille, demeurent donc fondées sur les vignettes Crit’Air. Pour un gestionnaire de parc, cela veut dire une chose simple : pas de relâchement sur la stratégie de renouvellement.
Le calendrier reste mouvant selon les villes. Paris applique une période pédagogique sans verbalisation jusqu’à fin 2026. Lyon enclenche les sanctions dès juillet. Grenoble verbalise déjà. Onze métropoles sont concernées aujourd’hui, et le dispositif doit s’étendre à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici 2028.
Les utilitaires en première ligne
Les VUL ne sont pas épargnés. Leur classement Crit’Air, leur usage et la zone déterminent l’accès. Les vieilles camionnettes diesel restent les plus menacées, avec un vrai risque financier à la clé pour les petites structures. Bonne nouvelle quand même : artisans et livreurs bénéficient souvent de dérogations ou de délais de transition supplémentaires, variables d’une métropole à l’autre.
Le réflexe à avoir : vérifier la vignette de chaque véhicule et croiser avec les zones où vos équipes interviennent. Un fourgon Crit’Air 3 qui passe encore aujourd’hui peut basculer hors-jeu au prochain palier local.
La ZFE n’est pas la seule échéance réglementaire de l’année. Le GSR2 entre en pleine application en juillet 2026 et impose de nouveaux équipements ADAS sur le neuf. Côté entretien, le contrôle technique 2026 évolue aussi pour les utilitaires. Trois dossiers à suivre en parallèle.
Anticiper plutôt que subir
Le marché donne déjà le ton. En mai 2026, le VUL a reculé de 10,5 % alors que l’électrique progresse. Le signal est clair : les flottes qui préparent leur transition sécurisent leur accès aux centres urbains, les autres jouent avec le feu réglementaire.
Reste une inconnue de taille. Combien de temps les exécutifs locaux maintiendront-ils le cap face à la grogne ? La censure constitutionnelle a tranché sur la forme. Sur le fond, la bataille des ZFE est loin d’être close.
