Ford avait commencé l’année en améliorant la batterie de son E-Transit Custom : 70 kWh utiles au lieu de 64, autonomie WLTP à 373 km, et recharge 10 à 80 % en 29 minutes. Le constructeur ajoute désormais une variante qui change la donne pour certains métiers. Place à l’E-Transit Custom AWD. Premier fourgon de sa catégorie à associer quatre roues motrices et motorisation 100 % électrique.
Un AWD qui ne sacrifie ni autonomie ni charge utile
L’enjeu technique était simple : ajouter un deuxième moteur sur l’essieu avant sans plomber la consommation ni rogner sur la charge utile. Ford annonce un couple combiné de 630 Nm, une intégration sans surcoût de masse rédhibitoire, et une stratégie de gestion qui ne sollicite l’essieu avant que lorsque c’est nécessaire. En usage normal, la propulsion arrière travaille seule. Quand l’adhérence chute, le moteur avant prend le relais en quelques millisecondes.

Pour quels métiers ?
Cette version cible des cas d’usage où le diesel régnait sans partage : artisans du BTP qui interviennent sur chantier boueux, dépanneurs en zone rurale, services techniques de collectivités sur sentiers forestiers, sociétés de maintenance énergie ou télécom sur sites isolés. Et bien sûr, les régions montagneuses où la neige et le verglas sont la norme cinq mois par an.
Jusqu’ici, ces métiers basculaient en diesel 4×4 (Iveco Daily 4×4, Sprinter 4×4, ou modèles aménagés en seconde monte). L’arrivée d’un AWD électrique compétitif change le calcul. Sur un fourgon qui sort tous les jours en zone difficile, le coût énergétique d’un VE bien rechargé tombe entre 12 et 15 €/100 km. Un Sprinter 4×4 diesel tourne facilement à 35 €/100 km en charge.
Ce que les flottes vont gagner
Trois bénéfices concrets, observés sur les premiers essais européens.
Premier point : la traction au démarrage. Sur sol meuble (terre, gravier, neige tassée), un fourgon chargé à 1,5 tonne peut peiner à s’extraire avec une propulsion seule. Le couple instantané du moteur avant règle le problème en un coup d’accélérateur. Pas de patinage, pas de dégradation prématurée des pneus arrière.
Deuxième point : la conduite hivernale. Plusieurs essais réalisés sur neige confirment une tenue de route nettement supérieure à la propulsion en 2 roues motrices. Le système de répartition gère aussi les angles morts d’adhérence (montée latérale, virage serré sur asphalte humide).
Troisième point : la cohérence ZFE. Un fourgon 4×4 électrique passe les contrôles partout. Pour les flottes qui mélangent encore diesel et électrique, c’est la pièce manquante pour basculer un parc complet en zéro émission sans contrainte d’usage.
Et l’autonomie alors ?
Question légitime. L’ajout d’un deuxième moteur consomme. Ford ne communique pas encore de chiffre WLTP officiel pour la version AWD, mais les premiers retours d’essai européens parlent d’une perte d’environ 8 à 12 % sur cycle mixte par rapport à la propulsion seule. Sur 373 km annoncés en propulsion, on tomberait autour de 330 à 340 km en AWD. Honnête sur ce gabarit.
La recharge reste à 125 kW DC, avec un 10-80 % autour de 30 minutes. Pour un chantier longue distance ou une intervention urgente en zone montagne, c’est une logistique gérable, à condition que les bornes locales soient au rendez-vous. Sur les vallées alpines ou les routes du Massif Central, l’infrastructure DC reste un point à vérifier avant achat.
Combien et quand ?
Le lancement commercial européen est prévu pour le printemps 2026, avec premières livraisons dans la foulée. Ford n’a pas encore officialisé la grille tarifaire française précise, mais les premières estimations placent le surcoût AWD à environ 4 500 à 6 000 € HT par rapport à l’E-Transit Custom propulsion. Un écart absorbé en partie par la prime CEE et par les avantages fiscaux propres au VE (amortissement plafonné à 30 000 €).
Pour un acheteur en LLD 4 ans / 30 000 km annuels, le surcoût mensuel par rapport à la propulsion devrait tourner entre 80 et 120 € par véhicule. Pas neutre, mais raisonnable pour un usage qui exige le 4×4 et que le diesel facturait jusqu’ici en surcoût comparable.
Faut-il sauter le pas dès cette année ?
Oui, si votre activité l’exige réellement. Non, si vous ne sortez du bitume que trois fois par an. Le 4×4 électrique n’est pas une option de confort : c’est un outil métier. Mieux vaut un essai en charge sur votre terrain habituel avant d’engager la flotte.
Pour les sociétés de maintenance, les services techniques et les entreprises du BTP léger qui opèrent dans des zones contraintes, l’E-Transit Custom AWD règle un vrai problème : circuler propre, là où jusqu’ici, il fallait choisir entre électrique de ville et diesel de terrain. Un compromis qui n’a plus lieu d’être en 2026.
Pour comparer avec les autres fourgons électriques disponibles sur ce gabarit, lire aussi notre guide gabarit / usage, et notre guide d’achat artisan 2026. Pour identifier les concessionnaires Ford Pro de votre secteur, l’annuaire utilitaires.com est une bonne entrée.
