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L’essor de l’utilitaire d’occasion en France cache une crise plus profonde

Avec près de 900 000 transactions enregistrées en 2025, le marché français des véhicules utilitaires d’occasion affiche des résultats impressionnants. En nette hausse par rapport à 2024, il flirte avec ses plus hauts niveaux historiques. Mais cette dynamique, en apparence très positive, révèle en creux des déséquilibres inquiétants : un marché du neuf en perte de vitesse, un parc vieillissant et une transition énergétique qui avance à pas comptés. Dans ce contexte, le diesel demeure plus que jamais la motorisation de référence.

Les professionnels plébiscitent la seconde main

À la fin de l’année 2025, 898 774 utilitaires d’occasion ont changé de propriétaire en France. Une progression proche de 5 % sur un an, qui illustre l’attrait croissant des professionnels pour les véhicules déjà immatriculés. Il faut remonter à 2021 pour retrouver un volume supérieur.

Cette vitalité contraste fortement avec la situation du marché du neuf. Celui-ci n’a totalisé qu’environ 360 000 ventes sur l’ensemble de l’année, soit un recul d’environ 6 % par rapport à 2024. Résultat : le fossé entre neuf et occasion ne cesse de se creuser.

Diesel dominant, électrification au ralenti

Le rapport entre les deux marchés atteint désormais un niveau inédit : 2,5 utilitaires d’occasion vendus pour un modèle neuf. Une situation qui s’explique par plusieurs facteurs bien identifiés : flambée des prix, flou réglementaire, et complexité perçue des nouvelles technologies. Face à ces incertitudes, de nombreux professionnels privilégient des véhicules qu’ils connaissent déjà, tant en matière de fiabilité que de coûts d’exploitation.

Sans surprise, cette prudence se reflète dans le choix des motorisations. Le diesel concentre encore 94 % des ventes sur le marché de l’occasion. L’essence reste marginale, avec environ 4 % des transactions.

Quant à l’électrique, malgré une croissance annuelle de 33 %, il ne représente toujours qu’environ 1,1 % du marché, soit un peu plus de 10 000 unités vendues. Une progression réelle, mais freinée par le faible volume de véhicules électriques neufs mis en circulation ces dernières années. Cette situation devrait néanmoins évoluer progressivement, notamment avec l’arrivée des premiers retours de contrats de location longue durée, généralement après trois à cinq ans.

Des utilitaires de plus en plus âgés

Autre tendance marquante : le vieillissement accéléré du parc roulant. Les modèles récents, âgés de moins de quatre ans, voient leurs ventes reculer, parfois de près de 10 % pour les véhicules de deux à quatre ans. À l’inverse, les utilitaires de 6 à 8 ans enregistrent une hausse spectaculaire, proche de 15 %.

Les véhicules de plus de 8 ans dominent largement le marché, représentant à eux seuls plus de la moitié des transactions, soit près de 480 000 ventes. Cette orientation traduit une logique économique assumée : investir dans des véhicules déjà amortis, dont la fiabilité est éprouvée et le rapport coût/usage optimisé.

Renault toujours en tête

Côté constructeurs, la hiérarchie évolue peu. Renault conserve une avance écrasante, avec plus de 245 000 utilitaires d’occasion vendus et près de 28 % de parts de marché. Les modèles Kangoo, Trafic et Master dominent largement le classement des ventes.

Peugeot et Citroën complètent le trio de tête, tandis qu’Opel tire son épingle du jeu avec une progression supérieure à 7 %, confirmant sa montée en puissance sur ce segment.

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