Pour les flottes utilitaires, l’infrastructure de recharge n’est plus un sujet « à voir plus tard ». En 2026, la loi LOM (Loi d’Orientation des Mobilités) impose des obligations renforcées aux entreprises sur leurs parkings tertiaires. À cela s’ajoutent des aides cumulables qui peuvent prendre en charge jusqu’à 80 % du coût d’installation. Bien dimensionnée, une infrastructure de recharge devient un actif stratégique : levier RH, action RSE, économies sur le carburant et flexibilité opérationnelle pour les flottes électriques.
Les obligations LOM 2026 : ce que la loi impose
La loi LOM, adoptée fin 2019, est entrée pleinement en application sur les bâtiments tertiaires. En 2026, les principes structurants sont les suivants :
- Bâtiments tertiaires neufs (parkings de plus de 10 places) : pré-équipement de 20 % des places et installation d’au moins une borne par tranche de 20 places ;
- Parkings tertiaires existants de plus de 20 places : obligation d’au moins un point de charge à pourcentage progressif selon la taille de la flotte ;
- Bâtiments mixtes (logement + tertiaire) : pré-équipement obligatoire d’une part minimale d’emplacements ;
- Parkings publics et privés ouverts au public : obligations spécifiques d’accessibilité PMR pour les bornes installées.
Le non-respect expose à des sanctions financières et, surtout, retarde mécaniquement la transition électrique de la flotte. Pour les TPE-PME qui basculent une partie de leur parc en électrique grâce aux opérations comme la campagne Stellantis Pro One sur les VU électriques, l’absence de borne au dépôt est rapidement bloquante.

Quel mix de bornes pour une flotte VU ?
L’erreur classique consiste à dimensionner l’infrastructure soit en sous-capacité (frustrations, files d’attente, absence de réserve), soit en sur-capacité (investissement gelé, retour sur investissement repoussé). En 2026, les retours d’expérience des flottes pionnières convergent vers un mix AC + DC :
- Bornes AC 7 à 22 kW : pour les véhicules qui restent au dépôt la nuit ou la journée. Charge complète en 6 à 10 h. C’est le standard pour la majorité des fourgons compacts et Mid-Size en flotte fixe ;
- Bornes DC 50 kW et plus : pour les visiteurs, commerciaux de passage, véhicules en rotation ou logistique du dernier kilomètre. Charge 80 % en 30 à 45 minutes ;
- Bornes 125 kW+ : indispensables pour les fourgons de nouvelle génération (Ford E-Transit Custom 2026, Renault Trafic E-Tech 2027) qui acceptent ces puissances.
La règle d’or : une borne pour 1,5 à 2 véhicules électriques en moyenne, avec dispatching intelligent par logiciel de gestion (load balancing) pour éviter les pics de consommation et lisser la facture énergétique.
Coûts réels et aides disponibles en 2026
Les ordres de grandeur, hors options et selon la puissance :
- Borne murale AC 7-22 kW posée : 1 200 à 2 500 €
- Borne sur pied AC 22 kW double point : 3 500 à 5 500 €
- Borne DC 50 kW : 25 000 à 40 000 € posée
- Borne DC 125 kW : 50 000 à 80 000 € posée
Côté aides, le cumul possible en 2026 inclut :
- Programme Advenir : prise en charge jusqu’à 50 % du coût matériel et installation, plafonnée selon la puissance et l’usage (parking entreprise, public, salariés) ;
- Crédit d’impôt et amortissement accéléré pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ;
- Aides régionales et locales, fortement variables selon les territoires ;
- Aide État jusqu’à 600 € pour les bornes destinées aux salariés de l’entreprise.
Sur un projet complet, le cumul peut réduire la facture nette jusqu’à 80 %. Encore faut-il monter les dossiers en parallèle de l’installation et avant la mise en service, sous peine de perdre l’éligibilité.

Recharge à domicile des conducteurs : un complément clé
Pour les commerciaux et techniciens qui rentrent chez eux le soir avec leur fourgon, la recharge à domicile reste la solution la plus efficace économiquement. La fiscalité 2026 reste favorable : la prise en charge par l’employeur de la borne du salarié et de l’électricité consommée bénéficie d’un cadre URSSAF clair, sans avantage en nature dans certaines configurations. Un sujet à intégrer dans la politique flotte dès la première vague d’électrification.
Six bonnes pratiques pour cadrer son projet
- Auditer les usages avant de chiffrer : kilométrage moyen, plage horaire d’immobilisation, nombre de véhicules en rotation simultanée.
- Anticiper la montée en charge : raccordement électrique adapté à la puissance future, pas seulement actuelle.
- Choisir une supervision logicielle ouverte (OCPP) pour ne pas se verrouiller chez un seul opérateur.
- Étudier le mix tarification : usage interne pur ou ouverture au public/clients pour générer des revenus complémentaires.
- Coupler avec la télématique embarquée pour optimiser le chargement en heures creuses et suivre la consommation en temps réel. Notre guide gestion de flotte pour TPE-PME détaille les solutions.
- Sécuriser l’éligibilité aux aides avant l’installation, pas après.
Pour finaliser le projet, faites-vous accompagner par un installateur qualifié IRVE et un bureau d’études spécialisé. Vous trouverez les acteurs partenaires dans notre annuaire des professionnels du véhicule utilitaire.
Le timing 2026 est favorable
Trois facteurs convergent pour rendre l’investissement particulièrement rentable cette année. Les obligations LOM créent une fenêtre de mise en conformité, les aides cumulables réduisent le coût net, et la généralisation de l’électrique dans les flottes (Stellantis, Ford, Renault, Mercedes, Iveco) garantit l’utilisation effective des bornes. Pour ceux qui hésitent encore, rappelez-vous que la facture énergétique d’un VU électrique chargé en heures creuses au dépôt est environ 60 % inférieure à celle d’un VU diesel équivalent. C’est aussi pour cela que le TCO d’un VU électrique 2026 bascule favorablement.