Texte Thibaut Amant, photos constructeurs
Aucun constructeur n’y échappe : les fourgonnettes – véritables « minis » des gammes VUL – sont pratiquement toutes passées à l’électrique ! Certes, une offre thermique est toujours là pour faire des ventes, mais l’accent est mis sur l’énergie « non fossile ». Il convenait de faire un point sur l’offre du marché, car ce sont bien ces petits VUL électriques qui font maintenant la loi dans les milieux urbains…
Les normes européennes et nationales, les règles de circulation, etc, tout a été fait pour que les artisans travaillant en villes et notamment dans les fameuses ZFE (Zones à Faibles Emissions) n’aient pas le choix : conversion à l’électrique quasi obligatoire ! En soi, pourquoi pas, dès lors que les véhicules soient suffisamment chargés en énergie pour tenir une bonne journée de route. Car si la moyenne quotidienne d’un artisan « local » est d’environ 40 km, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne sur ce point. Un livreur de colis ou de marchandises aura à sillonner beaucoup plus qu’un artisan ayant cinq ou six rendez-vous dans la journée dans un périmètre proche. Ensuite, il faut aussi prendre en compte dans ces trajets de nombreux aléas qui auront une incidence bien plus directe sur l’autonomie qu’avec un véhicule thermique : froid, nuit ? C’est de l’électricité consommée en plus grande quantité, donc une autonomie réduite. Embouteillages urbains ? Idem ! Sans compter la contrainte de la recharge quasi quotidienne et si le véhicule n’est pas stationné près d’une borne de recharge personnelle (qu’il faudra installer dans le local dédié), il faudra prendre le risque de laisser du matériel professionnel dans la fourgonnette stationnée dans la rue la nuit pour recharger aux bornes des villes, avec les risques de vol que cela comporte…). On l’aura compris, ce seront donc les obligations environnementales qui feront donc pencher en faveur d’un petit VUL électrique, plus onéreux à l’achat qu’un thermique.


Une offre pas si large
Si l’on s’en tient donc à l’offre des petites fourgonnettes à vocation plus urbaines (dimensions, maniabilité) qui demeurent une bonne part du marché du VUL (le segment de gabarit supérieur – Trafic, Transit, Vito… – reste leader), on se rend compte que l’on s’en tient finalement à une dizaine de modèles. Et même moins si l’on tient compte du fait que le groupe Stellantis, par exemple, duplique quatre fois la même voiture (Citroën e-Berlingo, Fiat e-Doblo, Opel Combo e-Cargo, Peugeot e-Partner), et que Renault, Nissan et Mercedes font aussi cause commune ou presque (Mercedes e-Citan, Renault Kangoo E-Tech, Nissan Townstar EV). On ajoute ensuite Ford, Toyota (qui est aussi un produit développé en commun avec Stellantis, mais qui tient à une certaine indépendance en termes de process de production) et c’est fini ! Les poids lourds du VUL sont absents du créneau historiquement (Iveco, Man…), Volkswagen propose avec son Caddy Van sans doute la meilleure solution avec un modèle hybride rechargeable, tandis que les nouveaux constructeurs chinois ou coréens n’ont pas été encore explorer ce créneau (Maxus, Hyundai…). Il y aurait pourtant matière à créer de la concurrence…


Et même à proposer encore des modèles plus compacts : il y a une quinzaine d’années, PSA et Fiat avaient tenté quelque chose d’intéressant avec ses Peugeot Bipper, Fiat Qubo et Citroën Nemo, des fourgonnettes à empattement (et donc volume) réduit, mais celles-ci sont arrivées sans doute trop tôt, la mode n’était pas au downsizing. Aujourd’hui, ces modèles auraient sans doute davantage de succès, tandis que la place est désormais prise par des « quadricycles cargos » utilisables sans permis ! Ceux-ci apportent eux aussi une « autre » solution à la livraison ou à l’artisanat nécessitant peu de matériel à emmener.

Le bon choix
En tout état de cause, le choix sera donc assez aisé, en fonction des besoins réels. Les performances électriques de ces modèles en concurrence sont toutes assez proches et sans grande différence de niveau, ce n’est pas là-dessus que ce fera le tri (et à l’inverse des motorisations thermiques, pas de crainte de mauvaise fiabilité à redouter comme sur les productions de Stellantis par exemple, dont les moteurs PureTech et HDI sont sujets à de mauvais retours clients…), sinon sur l’autonomie, sachant que la norme WLTP
(Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure) reste peu réaliste et particulièrement optimiste. C’est évidemment davantage sur l’équipement, le volume intérieur utile, la charge utile ou l’encombrement extérieur (stationnement) que l’on ira vers tel ou tel modèle, sans compter le prix d’achat évidemment : c’est sur ce point qu’il faudra être vigilant, car les constructeurs affichent un prix de base, facilement modulable au gré des opérations commerciales ou des négociations chez les concessionnaires… Profitez des promotions !

The new eCitan from Mercedes-Benz
L’offre en petites fourgonnettes électriques n’est pas si large, mais reste calquée sur l’offre thermique.
Il existe encore de grands absent sur le créneau du mini-fourgon électrique, qu’il s’agisse de constructeurs européens bien connus ou bien de nouveaux arrivants asiatiques sur le marché.