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ZFE 2026 : où en est la suppression et que faire de vos utilitaires Crit’Air 3 ?

Le dossier ZFE est devenu le principal irritant de la planification flotte. Après des années de durcissement progressif, le Parlement est engagé dans un débat sur leur suppression. En attendant, les restrictions actuelles restent pleinement en vigueur. Voici ce que savent — et ce que doivent faire — les pros au printemps 2026.

Où en est-on exactement ?

Le 20 janvier 2026, la commission mixte paritaire (CMP) a validé la suppression des ZFE dans le cadre du projet de loi « simplification de la vie économique ». Mais tant que le texte n’a pas été définitivement adopté et promulgué, les arrêtés locaux s’appliquent. Les contrôles continuent, les amendes aussi. À date, l’amende forfaitaire pour un véhicule utilitaire ou poids lourd non conforme est fixée à 135 € (contre 68 € pour un véhicule particulier).

En parallèle, plusieurs grandes métropoles — Bordeaux, Nantes, Rennes, Clermont-Ferrand, Toulon, Angers, Dijon — continuent d’activer ou d’étendre leurs dispositifs 2026. Il y a donc potentiellement deux trajectoires contradictoires : une suppression législative nationale et une activation locale.

ZFE et circulation des utilitaires
Les restrictions ZFE continuent de s’appliquer tant que la loi de suppression n’a pas été promulguée.

Ce qui est interdit aujourd’hui dans les grandes ZFE actives

  • Crit’Air 5, 4 et 3 : interdits de circulation et de stationnement dans la ZFE métropolitaine du Grand Paris, à Grenoble-Alpes Métropole et au Grand Lyon depuis le 1er janvier 2025.
  • Les VUL et poids lourds de transport de marchandises sont concernés au même titre que les VP.
  • Des dérogations existent (transport professionnel exceptionnel, entreprises en reconversion, véhicules d’intérêt général), à vérifier sur la plateforme de chaque métropole.

Au passage, la nature du véhicule compte : CTTE, dérivé VP ou VASP ne sont pas traités à l’identique. Notre dossier Carte grise utilitaire : CTTE, dérivé VP, VASP, tout comprendre explique les subtilités à vérifier avant de prendre position.

Que faire de vos VUL Crit’Air 3, 4 ou 5 ?

Cinq scénarios à envisager, selon le profil d’usage.

1. Attendre — sous conditions

Si l’incertitude législative vous tente, évaluez le risque financier. Une amende de 135 € par passage dans une zone contrôlée, multipliée par les rotations quotidiennes d’un artisan actif à Paris, Lyon ou Grenoble, atteint vite le coût d’un renouvellement anticipé.

2. Revendre maintenant

Le marché de l’occasion des Crit’Air 3-5 reste actif en zone rurale et périurbaine hors ZFE. La cote décroît progressivement. Plus la vente intervient tôt, meilleure est la valeur résiduelle.

3. Basculer en électrique

Les VE sont Crit’Air 0 et exemptés par construction. L’équation TCO devient pertinente dès 25 000-30 000 km/an. Voir notre analyse Aides et subventions pour l’achat d’un utilitaire électrique.

4. Retrofit électrique

Alternative qui monte, le retrofit permet de conserver la carrosserie et l’aménagement tout en basculant Crit’Air 0. Détails dans notre article Retrofit électrique d’un utilitaire.

5. Passer en thermique récent (Crit’Air 1 ou 2)

Un utilitaire essence ou hybride Crit’Air 1, voire un diesel Euro 6e Crit’Air 2, reste autorisé dans la majorité des ZFE actives. Option intermédiaire, souvent moins chère qu’un passage immédiat à l’électrique.

6. Louer ponctuellement un VE

Pour un artisan dont seulement 10 à 15 % des missions passent par une ZFE, la location courte durée d’un utilitaire électrique (à la journée ou à la semaine) peut suffire en attendant la stabilisation réglementaire.

Le cas fiscal à ne pas oublier

La suppression ou non des ZFE ne change rien à la fiscalité verte des véhicules de société : TVE (ex-TVS) continue de pénaliser les forts émetteurs, l’amortissement fiscal plafonné à 30 000 € pour un VE reste un levier direct sur l’IS, et les aides Advenir 2026 sont maintenues pour l’installation de bornes en entreprise. Voir Installer une borne de recharge pour sa flotte d’utilitaires.

La méthode pour arbitrer sans se tromper

  1. Cartographier les rotations réelles de chaque VU sur 3 mois via la télématique (pas les déclaratifs).
  2. Identifier la part de missions « ZFE-contact » (entrée effective dans un périmètre actif).
  3. Calculer le coût du risque d’amende vs le coût de renouvellement anticipé.
  4. Vérifier dans votre outil de gestion de flotte si des dérogations professionnelles s’appliquent.
  5. Temporiser la décision de 6 à 9 mois pour les VU qui entrent rarement en ZFE, pas davantage.

Ce qu’on va regarder dans les prochaines semaines

Trois signaux à surveiller : la navette parlementaire et la promulgation éventuelle de la loi « simplification », les prises de position des métropoles (maintien ou gel local des ZFE), et la publication des arrêtés 2026 des nouvelles villes concernées. Pour s’équiper en conséquence, n’hésitez pas à consulter notre annuaire des concessionnaires et aménageurs VU ou notre dossier Quel utilitaire pour la livraison du dernier kilomètre.

À retenir

Tant que la suppression des ZFE n’est pas promulguée, les restrictions actuelles s’appliquent et les amendes tombent. Pour les pros, le meilleur investissement reste l’analyse froide des kilométrages réels en zone contrôlée : c’est elle qui détermine si le bon choix est l’attente, le renouvellement anticipé ou la bascule électrique. Une seule règle : ne pas figer sa flotte sur un scénario législatif incertain.

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